CQI 554/15.07.2017/11h22-11h37

L’objectif du jour, la flammekueche, a fini par être atteint. Après une escapade montagnarde qui forcément ouvrirait l’appétit, en partie sous une pluie comme chaque jour pas du tout prévue, la route des crêtes ouvre l’horizon et dévoile les beautés vosgiennes que les villages s’efforcent de désavouer. Mais nous sommes le 14 juillet et la fameuse brasserie artisanale La Géromoise, a décidé de ne proposer qu’un menu unique le soir, avant le fameux feu d’artifice qui sera tiré sur le lac. Point de flammekueche donc et le resto est plein, réservé depuis longtemps. Business is business, même dans l’artisanat… Nous finissons par trouver un autre lieu qui a décidé de ne rien changer à sa carte. Du coup l’attente est longue mais cela crée une ambiance plutôt chaleureuse parmi les affamés de la salle dans laquelle nous sommes. Nous oublions vite ceux qui, faisant fi de l’attente déjà à l’extérieur, se sont précipités sur la première table vide, au mépris de ceux qui étaient là avant eux.  La bagarre est évitée car d’autres tables se libèrent… Tout se finit bien, jusqu’au feu d’artifice, qui attire une foule considérable, et qui pourtant est rondement mené, en vingt minutes… La sortie de Gérardmer sera une autre paire de manche… Le temps de bien digérer et presque commencer sa nuit.

CQI 553/14.07.2017/9h32-9h47

Il ne s’agit pas ici d’avoir les doigts de pieds en éventail. Je garderai ça pour plus tard. Cette escapade en Alsace pour fuir l’humidité persistante des Vosges ne me déçoit pas. Kaisersberg, ce village, mais j’y serais resté des jours entiers à simplement flâner dans ces rues magnifiques où en plus se trouve tout ce qu’il faut pour des vacances réussies : munster, kougelhopf, tartes alsaciennes, et bien sûr quelques vins blancs fameux et quantité de bières artisanales, très développées ici aussi bien évidemment. Tout est comme inversé avec les Vosges : il fait beau et chaud, les villages sont splendides, mais la nature monotone. Il suffit de franchir la montagne, pas loin, pour saisir d’un coup ce contraste. Certes les Alsaciens on parfois un humour particulier, avec cette manie de mettre des culs de femme comme emblèmes des marques de bières, ou d’apposer dans les toilettes publiques — d’une propreté renversante —  des écriteaux précisant que la ville s’engage dans le développement durable en proposant une pissotière qui recycle les sodas, une autre la bière, une autre le Riesling etc. Je ne suis pas allé jusqu’à acheter cette bière appelée la Retrait de permis, ni ces verres qui déshabillent quand ils sont pleins les filles en maillots de bain représentées sur leur surface extérieure…  J’ai encore quelques progrès à faire…

CQI 552/13.07.2017/8h24-8h39

Activité d’un jour de pluie. Les mouches nous collent, nostalgiques des vaches du pré voisin, de l’âne aussi aux yeux cernés. La dextérité adolescente en ce domaine est incomparable. Cela rappelle cet été 2003, quand l’ami disparu faisait de même, mais sous plus de quarante degrés. Tout était collant, pas seulement les mouches. Ici la fraîcheur persiste, j’en connais qui en rêverait du côté de Villeurbanne… Étrange rêve d’ailleurs cette nuit, un « ancien » surgissant de nulle part dans une gigantesque fête qui déborde sur la rue. Il propose d’ouvrir un lieu culturel et de nous débaucher. Projections, concerts, expos etc. Avec des collègues choisis, loin de la chick-lit, des camions à pizzas ou du tricot. Qu’il est bon de rêver parfois… Au réveil nous regardons les escargots prendre un petit déjeuner royal. Je reste fasciné devant leur lenteur, ce sont des modèles pour les vacances, ils s’y connaissent en oisiveté et, étant hermaphrodites, côté sexe ils peuvent en plus profiter de tout…

CQI 551/12.07.2017/7h44-7h59

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Il y a comme quelque chose d’indéfini ici. Que ce soit Gerardmer ou St Dié, les larges rues sont bordées de constructions disparates, il est impossible de trouver une quelconque unité. La guerre a sans doute contribué à cet éparpillement. Le Corbusier a été écarté de la reconstruction, ne laissant comme trace qu’une usine, perdue juste après la cathédrale de St Dié. Les nombreux autres villages traversés offrent le même patchwork de maisons et de couleurs improbables, du vert pâle au rose vif. L’histoire essaie de faire quelques signes, les églises évidemment, la visite possible d’une mine d’argent… Mais on sent que le temps s’est arrêté et que depuis tout n’est que juxtaposition. En s’écartant des routes principales la forêt impose immédiatement le sentiment inverse d’éternité. Ici comme souvent en pareil cas, notre vie paraît plus petite, si éphémère, elle retourne à une modestie indispensable.

CQI 550/11.07.2017/8h06-8h21

Vienville. Comme un appel. Etranges paysages traversés pour arriver ici, je ne sais pas, comme un côté sauvage qui se retrouverait aussi dans les villes, dans les constructions souvent anarchiques. Le temps lui-même ne respecte aucune règle, passant d’une pluie torrentielle à un soleil chaud et réconfortant. D’énormes escargots blancs étalent leur bonheur d’être comme les maîtres ici. Tout est inéluctablement vert, et les forêts se dressent comme si encore elles avaient encore le pouvoir d’impressionner ceux qui autour on (dé)façonné le paysage. La Vologne n’est pas loin, en passant en voiture son cours est apparu si charmant, si paisible. Comme à chaque arrivée dans un nouveau lieu, le temps se suspend légèrement. J’accepte même une de ces parties de tarot dont les stratégies persistent à m’échapper, mais il est drôle de parfois surprendre sans aucune intention, et d’influer malgré tout, un peu, sur le cours du jeu, ce soir-là si paisible lui aussi.