CQI 564/11.09.2017/7h14-7h29

Les discussions qui durent les mots qui fusent le sens qui s’éparpille la contradiction qui surgit le ton qui monte la voix qui chevrote la ronde qui tourne les choses qui avancent (?) la réaction de trop celle qui aurait dû avoir lieu les pleurs les cris les silences le retour en arrière les comparaisons les émotions l’avenir effrayant le futur envisagé le quotidien qui plombe les yeux embués le corps qui se lève qui se rassoit qui disparait un temps le retour en fanfare la cacophonie l’écoute mutuelle la compréhension. Et puis la pièce qui se vide, les sièges abandonnés, le silence presque pesant, l’envahissement de l’espace libéré des voix et des êtres, la nostalgie déjà des discussions qui durent des mots qui fusent du sens qui s’éparpille…

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CQI 562/06.09.2017/8h26-8h41

C’est étrange comme les mots peuvent me manquer sans nous manquer. Ou comme je sais ce que je ne dois pas faire sans trop savoir quoi faire. Un peu comme si l’existence au final n’était que ce passage, bien connu, mais dont on ne sait plus quoi dire une fois qu’il a eu lieu. Tout est alors trop tard. Les mots ainsi qui ne sont pas survenus, je ne sais s’ils auraient été les bienvenus, si quelque part des yeux attentifs les auraient saisis ou si au contraire ils auraient filé comme une étoile dans le ciel, à peine captés, au sens évanoui avant même d’apparaître. J’ai même déjà oublié ceux que j’aurais pu écrire, ils ont fui leur propre existence. Un surcroît de réalisme ?

CQI 561/29.08.2017/6h49-7h04

Le retour au bercail, toujours troublant, loin du retour au berceau quand même, mais il y a comme un retour aux sources, enfin à ce qui fait le lit d’un ruisseau, ce qui est rassurant dans sa continuité. C’est là que toutes les questions viennent et ressurgissent, qu’il est possible de les poser et de me poser. L’ailleurs est une évasion éphémère qui ne leurre pas longtemps. Et en même temps, comme dirait l’Autre, cette fausse routine vécue tout au long de l’année peut réserver bien des surprises si je m’en donne la peine. Il faut être là, ou plutôt ici, se présenter et non pas représenter. Être présent.

CQI 560/22.08.2017/6h28-6h43

Les premières lueurs du jour ne parviennent pas encore à éclairer la pièce. Dans la pénombre agonisante je laisse le temps imposer comme chaque jour son rythme. L’ampoule électrique oppose une lutte inutile et vaine dont le leurre ne trompe personne. Je pense à l’appartement endormi, à ceux qui hier soir conversaient bruyamment, au contraste entre le plein et le vide. J’en imagine d’autres, plus éloignés, dans leurs gestes quotidiens. Certains me font signe, des mots, des photos, la vie est là toujours en mouvement, en appel, mais aussi si fragile. Les images, les mots, les musiques ne parviennent pas à l’emporter sur le silence retentissant qui cherche à tout étouffer. Pourtant leurs beautés laissent surgir tant d’émotions que malgré tout chaque minute vaut le coup. Une douce lumière effleure la façade de l’immeuble qui me fait face, je le trouverais presque beau ce matin, c’est dire si la journée commence bien.