Un concert magique à l’Amphi de l’Opéra

sans-titreIl existe donc encore des moments uniques. Qui seront impossibles à revivre… Alors que le web s’efforce de vouloir tout offrir, là son existence n’est même plus envisagée. Quatre musiciens sont là, Roberto Negro, Théo Ceccaldi, Vincent Courtois et Julian Sartorius. C’est la toute première fois qu’ils font un concert ensemble. Dans la première partie Roberto Negro et Théo Ceccaldi nous ont offert leur Danse de salon déjà bien rôdée, aux surprises incessantes. Un morceau unique qui s’étend dans la longueur mais ne lasse jamais.

Les quatre en scène maintenant vont s’élancer dans une musique faite d’écoutes mutuelles et de rebondissements incessants. Là encore tout s’enchaîne sans interruption et c’est ce qui fait aussi la force de ce moment. Les instruments semblent découvrir de nouvelles sonorités, comme celle de la flûte pour le violoncelle. Les corps bougent, vivent la musique, et sur les visages se lit ce plaisir de jouer ensemble, et de communiquer. Une osmose, c’est cela. La magie est là, l’émotion à son maximum. Des larmes coulent à côté de moi… Une voix réclame que nous improvisions nous aussi, après cela c’est osé mais voilà, ils donnent tellement d’envie, tellement d’énergie.

Après le concert Théo Ceccaldi « avouera » avoir écrit une partie de ce qui a été joué dans le train du matin qui le menait à Lyon…

 

 

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CQI 578/29.11.2017/

« Tu as le visage tout fripé »… Puis, comme pour se rattraper : « On a le visage tout fripé le matin quand on se lève, tu sais comme ces chiens, là… » Je n’ai plus qu’à secouer la tête comme ces objets kitsch qu’on trouve étonnamment toujours en vente… Fripé et docile, c’est sans doute pour cela que ces machins-là marchent toujours…

 

Visages, villages

Visages_villagesJe me suis senti tout petit dans mon fauteuil. Devant Agnès Varda et son dernier film, Visages, villages. Mon esprit est aujourd’hui peuplé de ces rencontres filmées si naturellement, comme si la nature humaine soudainement promettait autre chose. Dans ce monde d’images dans lequel nous vivons, la photographie ainsi mise en scène (par JR mais dans un redoublement par le geste cinématographique de Varda) redonne là une âme à ces visages ainsi collés en très grands formats sur les murs de maisons, d’usines… Même les selfies prennent du sens dans cette communication qui devient presque une communion. Même si ici tout est éphémère. Les grands portraits collés sur les façades disparaitront bien vite, même ces vieux clichés de mineurs qui pourtant sont les dernières traces d’un passé dont les témoins se font de plus en plus rares. C’est ainsi que la mémoire doit sans cesse être réactivée, et les deux artistes semblent les porteurs d’une mission de préservation d’une histoire. Leur complicité crée également un lien entre générations, le demi-siècle les séparant n’étant pas du tout un obstacle. La transmission, le passage : tout le film en démontre l’importance. Du « haut » de ses 88 balais, Agnès Varda garde une fraicheur bouleversante — ce qui n’est sans doute pas le cas de toute une génération, la fin avec, ou sans, Godard le démontrera. JR, lui, adepte des visages en gros plans mais cachant toujours le sien, ne se dévoilera qu’au regard de Varda dont la vue faiblissant ne révélera qu’un visage flou…

CQI 527/28.04.2017/8h01-8h16

Il y a comme un certain écoeurement, au fil des jours, qui monte. Le vocabulaire employé, au-delà de sa pauvreté et des simplifications, cherche à manipuler. On parle de banalisation du FN, avec derrière l’idée que ceux qui ne vont pas voter pour Macron en seraient en partie responsables. Mais la lutte contre cet odieux parti se résume-t-elle à déposer un bulletin dans une urne pour un candidat ultra-libéral ? Combien de ceux qui déjà au premier tour ont voté pour le jeune candidat pur produit du système actuel ont combattu les idées véhiculées par l’extrême-droite tout au long des années précédentes qui ont vu leur développement un peu partout dans les mentalités ? La seule manière de lutter efficacement via les urnes était de voter pour la France insoumise. Tous les autres partis qui avaient une chance d’accéder au second tour auraient continué d’entretenir cette ambiguïté qui les arrange car au final elle les porte au pouvoir, comme Macron aujourd’hui. Mais qui a banalisé le FN si ce n’est tous les gouvernements successifs, dont Macron a fait partie, depuis des dizaines années, par des politiques ayant creusé chaque jour un peu plus les inégalités ? Qui même a eu une politique encore plus claire d’exclusion en refoulant les migrants, en les parquant dans des conditions indignes ?

L’espoir est dans la jeunesse, qui en nombre a choisi la France insoumise, ou au travers des lycéens — trop jeunes pour voter— et leur slogan « ni patrie ni patron ». Le vocabulaire est important oui. Dire aujourd’hui que les idées véhiculées par Mélenchon sont extrêmes, et donc au travers de ce mot dangereuses, c’est bien essayer d’effrayer. Mais qu’y a-t-il donc de dangereux à vouloir plus de partage des richesses, moins d’inégalités, un respect de la planète ? Rappelez-moi la devise de la France ? C’est extrême ? La banalisation est dans la vision qu’on nous impose dans les grands médias du néo-libéralisme, qui pourtant fait des ravages depuis des années, creuse les inégalités, plonge dans la précarité de plus en plus de personnes, se moque de l’écologie. L’extrémisme il est là. Alors non je ne vais pas voter pour un extrémiste au second tour de la présidentielle, ni l’un ni l’autre.

Tout a été fait pour dézinguer Mélenchon dans les médias à partir du moment où il avait des chances de passer. Tout a été dit, tenté, y compris les plus odieuses allusions. La fameuse politique étrangère en a été un exemple parlant… Il est vrai que les autres candidats sont plus rassurants : ils continueront à vendre des armes aux plus offrants ­— ça rapporte beaucoup — au mépris des libertés et de toute valeur humaine. Et développeront les peurs liées aux attentats ensuite, qui bien sûr créent cet horrible repli identitaire. Et surtout, surtout, ils poursuivront la « construction » d’une Europe ultra-libérale qui permettra à ceux qui se gavent déjà de le faire un peu plus, dans laquelle les échanges n’auront qu’un but, le profit. Au mépris des êtres humains et de la planète. En Marche pour l’ancien monde qui va perdurer encore longtemps.

 

CQI 232/03.08.2015/14h30-14h45

C comme chaleur. Alors là on touche un point sensible, du genre « jamais content » car quand il fait trop chaud c’est pénible et quand la température baisse un peu on se plaint tout autant. Il n’y a jamais de température idéale, ou alors c’est que celle-ci ne dure que trop peu de temps. Comme tous les idéaux sans doute. Il faut reconnaître que la chaleur permet de se balader à poil, ce qui reste quand même incomparable, bien loin des doudounes hivernales, des chaussettes hautes. L’érotisme dans le froid a ses limites. Sauf pour se réchauffer bien sûr. Mais on en revient à la chaleur…

D comme dormir. Ah, l’été et ses siestes. De celles dont on rêve toute l’année au boulot. Le sommeil en été est plus morcelé et la plage propice à ces moments de somnolence intermittents. Ou par des ronfleurs saisonniers, des moustiques de passage, des coups de soleil intempestifs. Il est surtout bon de dormir en se disant qu’aucune obligation ne suit, hormis l’apéro bien sûr…