CQI 600/19.02.2018

Lu une petite chronique sur Jean Fautrier, qui parle de l’ennui provoqué par ses œuvres. Je ne sais plus pourquoi il y a presque trente ans maintenant j’avais été attiré par ce peintre. J’avais même reçu en cadeau un livre sur lui, alors que je travaillais dans un bureau dans lequel il y avait beaucoup de paperasserie à trier. Une dédicace est restée gravée dans ma mémoire : « il fautrier », bien sûr. Je rouvre ce livre avec émotion. En feuilletant l’ouvrage je me dis que ce qui a dû alors m’attirer était l’effacement progressif de la figuration dans cette œuvre, comme m’échappent aujourd’hui les visages  de la dizaine de personnes qui l’ont dédicacé.

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CQI 599/17.02.2018

Parcours dupes, toujours. Rédaction de lettres de vomi… euh, motivation. Etre original ou pas ? Faux cul ou pas ? Déjà que dans le CV (C’est Vrai) on force un peu le trait car à 17 ans… Quel bonheur que ces rédactions, ça rappelle quand en début d’année le premier sujet était « racontez vos vacances »… « J’ai passé quinze jours merveilleux à écrire des lettres de motivation. Heureusement il faisait gris je n’ai pas pris de coup de soleil sur ma nuque penchée sur l’ordinateur. La fraicheur était agréable et gardait mon esprit vif pour trouver les mots justes, les expressions percutantes les mieux à même de convaincre mes futurs employeurs… Enfin mes futurs professeurs, enfin directeurs d’établissement, bref, d’être le meilleur. Je suis tellement impatient maintenant d’avoir les réponses, c’est comme attendre le retour d’un éditeur après l’envoi d’un manuscrit ! Et puis presque au même moment il y aura le Bac, quelle année extraordinaire. Je souhaite la même à tous les futurs élèves ! Vive la République, vive la France ! »

CQI 598/13.02.2018

Plongée dans les joies de Parcoursup… Le CV à 17 ans, les lettres de motivation comme pour trouver du travail, les pourcentages dérisoires de réussite de l’année précédente. Sans compter les bugs qui ne permettent de taper qu’une lettre toutes les dix secondes… Un vrai défi à l’enthousiasme ! Je vais chercher quelques conseils sur Internet, je trouve des modèles de lettres complètement contradictoire entre les neutres et polies, et celles qui se veulent plus originales en intimant même de ne surtout pas commencer par des formules basiques comme « étant actuellement en terminale ES gna gna gna ». Tout n’est donc plus que communication, comment distinguer les intérêts réels ses beaux parleurs ? C’est vrai qu’avec ce qu’on a comme Président, élu que par la com’…

CQI 597/06.02.2018

Quelques pas sous la neige d’un hiver qui fuit chaque année un peu plus. Le sol glissant est comme une mauvaise plaisanterie. Je retrouve ces flocons le soir devant un étrange film, The reader, dont je ne sais si je dois comprendre que l’illettrisme est une si grande honte qu’il peut conduire aux actes les plus odieux et aux aveux les plus douloureux et mensongers dans le seul but de le cacher. Le malaise plane et je ne sais qu’en faire, la littérature aussi survole les images sans rien imprégner, quelques mots d’un lecteur-passeur qui lit comme il fait l’amour, comme si le désir des mots suffisait à sauver son âme, laissant le sens se perdre dans un plaisir éphémère. Il n’y a plus d’histoire, ni de grande Histoire, encore moins de leçons à en tirer. Simplement des faits dont on ne sait plus que faire…

CQI 596/30.01.2017

Tiens j’apprends qu’une « vieille » connaissance fête ses cinquante ans. Je ne la vois plus mais je me souviens et je revois nos visages d’antan. Comme Guediguian dans le magnifique La villa. Des têtes de jeunots saisissantes. Toujours troublant de voir ainsi s’afficher le temps quand tant de choses autour semblent ne pas avoir bougé. J’aurais dû faire comme Opalka, une photo par jour. Ça me rappelle qu’il avait pleuré quand l’une de ses toiles avaient été éventrée lors d’une expo à l’ancien Mac. Il faut dire qu’elle avait été portée par des amateurs comme moi, alors simple stagiaire, étudiant en histoire de l’art. Il n’y avait déjà pas de petites économies.