CQI 535/22.05.2017/8h37-8h52

Les pas qui mènent en bas des Pentes sont toujours un peu les mêmes. Le soleil chauffe déjà la peau. Je passe devant les terrasses en bois qui ont fleuri un peu partout. Mon regard les saisit comme en des flashs qui restent en tête pour la journée, envieux sans doute devant ceux qui profitent de ces instants autour de cafés, viennoiseries… J’essaie de capter le plus de chaleur sur la distance qui me sépare de l’artificialité du métro. Je rêverais de flâner encore, de prendre des chemins détournés, d’oublier le temps et les contraintes. Il n’y a plus pourtant cette insouciance qui pouvait rendre léger. La légèreté vient au contraire d’une prégnance du présent devenu précieux. Qui n’exclut pas la gravité du réel, bien au contraire. Celui-ci oriente ces pas que j’aimerais libres mais les obstacles sont nombreux…

CQI 534/19.05.2017/7h47-8h02

Je parlais d’adrénaline il n’y a pas si longtemps, de celle qui pouvait surgir dans une manifestation qui dégénère un peu. Les neurotransmetteurs, avec mon Willis-Ekbom, ça me parle, justement parce qu’à l’inverse ici ils font défaut. L’adrénaline parfois, en certaines « discussions », je la sens, vraiment, mais ce qui manque c’est l’activité physique qui pourrait aller avec, cette sorte de défoulement nécessaire qui ne pourrait ici pas trouver d’autre cible que certains visages. C’est là que l’esprit aime imaginer une situation qui ferait un bien fou, même si la bienséance l’interdit. Mais ce qui est drôle, si je puis dire, c’est que je sens bien que les pensées en face sont exactement les mêmes, et que la prétendue douce main se retient de ne pas venir s’écraser sur ma face. Voilà donc, qu’un instant, nous avons partagé le même rêve et que je ne croyais pas cela possible…

CQI 533/14.05.2017/8h18-8h33

Me voilà planté dans le décor. Il faudrait que je fonde en larmes pour m’en détacher. Mais j’aurais plutôt envie de rire, là. Les soubresauts ne suffisent pas à me libérer. Je m’en doutais, c’est souvent la tristesse qui gagne. Pourtant j’aimerais tant fuir de toutes parts. Des bouts de moi s’échappent mais ne savent pas où se poser. J’ai l’air malin. Il va falloir reconstituer tout ça et ce n’est pas gagné je crois que je ne sais pas moi-même dans quel ordre tout cela était agencé. Si vous en saisissez un bout au vol merci de m’envoyer un faire part.

CQI 532/11.05.2017/8h49-9h04

Juste un moment d’apaisement. Se poser, seul, loin des bruits du monde. Inutile que cela dure trop, de toute façon ce serait à en devenir fou. Mais juste s’arrêter un instant, laisser la pensée courir dans la tête, pas trop quand même elle a tendance à trop relever ce qui est négatif, un vieux réflexe certes toujours contrebalancé par une joie de vivre qui parfois surgit sans que je l’attende à ce tournant-là. Se surprendre soi-même finalement ça fait du bien, aussi. Plutôt que de laisser toujours les autres le faire, en bien ou en mal d’ailleurs. J’entends presque les mots se déplacer, quoiqu’ils disent c’est toujours mieux que le silence. Le silence c’est la fin, la mort. Alors laissons la parole nous porter, sous quelque forme qu’elle soit, orale ou écrite. J’aime trop les mots pour abandonner quelqu’un dans le non-dit, quitte à dire ce qu’il ne faut pas, même aujourd’hui à laisser monter la colère, signe sans doute aussi d’un certain vieillissement loin de la sagesse éternellement promise.

CQI 531/09.05.2017/7h35-7h50

Ah ben si le soleil est là le mardi maintenant. Un vent de réforme qui souffle ? Ah, à moins que ce ne soit une manière de nous aveugler. Mais j’ai de bonnes lunettes qui filtrent bien, même les leurres les mieux éclairés (pas éclairants…). En tout cas dimanche soir l’ambiance n’avait pas trop changé, le canon à eau, les lacrymos, tout ça pour 300 personnes. Même les fachos avaient été mis au courant à Saint Jean, en marche, prêts à en découdre.  Il y a de quoi s’inquiéter pour les cinq ans à venir si l’on ne fait pas quelque chose aux législatives. Car ce vers quoi nous marchons, hélas, ce n’est pas le partage, et d’ailleurs il n’y avait qu’à voir comment se déplaçait Macron lui-même pour aller faire son discours au Louvre, comment ses pieds se soulevaient étrangement pour dévoiler toute la semelle (celle que nous allons nous prendre en pleine figure ?). Un peu plus on aurait dit qu’il sortait du « ministère des marches stupides » des Monty Python…