CQI 63/17.08.2018

Souvenirs de vacances (5)

L’eau vue ainsi a un côté abstrait qui me convient bien. Non pas que je n’apprécie pas d’y tremper le corps entier, mais la terre pas trop loin en-dessous reste une meilleure amie. Et puis j’aime me perdre dans le flux et le reflux plutôt que de sentir les vagues me bousculer. Perdre mon regard dans les reflets plutôt que m’enfoncer dans les profondeurs inconnues. Mais la chaleur aura eu parfois raison de mes craintes.

 

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CQI 631/16.08.2018

Souvenirs de vacances (4)

Voilà qui résume bien les ambiances. La petite cafetière italienne, utilisée avec bonheur chaque matin à Syracuse, et celle, énorme, communautaire, du devenu mythique gîte de La Champ… On sent que la petite envie la grande mais que celle-ci rêve de la tranquillité de l’autre. C’est là tout le charme de ces semaines qui ne se ressemblent pas. Mais qui transmettent des énergies différentes, qui permettent des échanges et des partages qui restent dans les mémoires.

CQI 630/15.08.2018

Souvenirs de vacances (3)

 

 

 

 

 

Site néolithique sur l’île de Gozo. Des temples si impressionnants que la légende veut qu’ils aient été construits par une géante, d’où le nom de Ggantija. Découverts à la fin du XVIIIe siècle ils sont vite devenus un lieu un peu romantique dans lequel artistes ou écrivains venaient trouver l’inspiration. Jusqu’à devenir une sorte d’avant goût de ce qu’est le tourisme aujourd’hui. Et à l’époque il était de bon ton de marquer son passage : c’est pourquoi l’on trouve des « graffitis » un peu partout sur les pierres. Petites gravures comme absurdes devant l’immensité du lieu, mais émouvantes dans cette tentative presque désespérée de laisser une trace sur un site qui a traversé les millénaires. J’imagine ceux qui les ont produits au XIXe siècle, tout cela me semble si lointain, et pourtant ce n’est rien à côté de ces temples datés de plus de 3000 avant JC…

CQI 629/14.08.2018

Souvenirs de vacances (2)

Comme si la conduite à gauche n’avait pas suffi, le voisin confirme que la domination a été longtemps anglaise. Oubliés les Normands présents pourtant à l’époque la plus faste de l’île. Les drapeaux disparaissent comme par magie après le dernier match perdu, redonnant à cette architecture un air plus méditerranéen, presque africain. Les arbres sont rares sur ce rocher, le soleil s’étale aveuglément sur les terrasses. La température monte vite, poussant chacun à se replier, après avoir tôt le matin été fidèle à quelques rituels, dans son jardin ou quand il s’agit de se rendre au camion du boulanger dont le klaxon significatif résonne longuement dans les rues alentour. Il y a comme quelque chose de figé dans ce quartier uniquement résidentiel, comme si le soleil écrasait tout, y compris les quelques silhouettes osant rarement sortir.

CQI 628/13.08.2018

Souvenirs de vacances (1)

En regardant les photos sur mon appareil je tombe sur celle-ci. Je ne sais pas qui l’a prise et c’est ce qui fait aussi son intérêt. Je retrouve une position dont je sais qu’elle m’est naturelle uniquement parce que je l’ai vue plusieurs fois en images. Je sais que mon père se tenait ainsi. Elle résume assez bien cette semaine communautaire devenue presque un rituel. On sent bien que je ne suis pas seul et pourtant il y aussi ce retrait possible,propre au lieu, et aux paysages environnants, qui permet de s’extraire même de l’ambiance la plus folle. Le noir et blanc fait communiquer les grains des matières : le pain, la table, le vêtement, le mur. Ce que n’aurait pas révélé la couleur. Et fait penser à cette communion entre les êtres sur ces quelques jours. Des moments uniques. Reste le point de vue du photographe, perché sans doute sur le muret, et je ne l’ai pas vu. Comment a-t-il ou a-t-elle pensé ce cadrage, cette plongée vers la matière ?