CQI 645/16.11.2018

Depuis que j’ai découvert le post humour,  comme existe le post modernisme, hier à coup de fausses parodies de chansons, de vraies moustaches factices, de régisseur technico-commercial et de chemise remorque, ce matin j’ai l’impression de poursuivre le même chemin post-comique quand un député macroniste explique que l’augmentation du prix du diesel limitera le réchauffement climatique….

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CQI 644/15.11.2018

Je ne connaissais pas ce film de Yann Le Masson, Heligonka. Un film court qui longuement restera ancré. La première scène surtout, quand le frère du réalisateur, dont on sait qu’il est en train de perdre la vue, sort son accordéon pour jouer un air à ce nouveau né, son enfant, qui est là dans les bras de sa mère. Cette scène si intime, la mère allaitant l’enfant, prend ici pourtant une dimension universelle qui, si je puis dire, saute aux yeux. La vie tout juste apparue confrontée déjà à sa future disparition dans les yeux de celui qui ne verra plus. Et puis l’art, la musique ici, qui arrête net le bébé dans ce qui pourtant pour lui est vital : il écoute et ne pense plus au sein de sa mère. Le cinéaste, si proche, de par sa position dans cette famille, mais aussi par ses plans rapprochés, montre simplement ce qui est, mais aussi ce qui sans cesse se transforme. Il accompagne et témoigne, et l’image devient floue comme la vue du frère.

CQI 643/14.11.2018

J’arrive là-bas non pas comme un cheveu sur la soupe mais en sentant que la journée a été longue, cela se lit sur les visages, s’entend dans les conversations. Pourtant tout est vite familier et je suis pris en main par un « vieux pote de 25 ans » qui me présente à tout le monde ainsi, transformant cela en un comique de répétition qui a le mérite de mettre tout le monde à l’aise. La journée avait interrogé la question de la place des femmes dans l’enseignement du jazz et des musiques actuelles. La soirée offre donc un bouquet de petits concerts à la présence féminine largement dominante. Il y a un peu de tout, de la chanson engagée (avec quand même une réinterprétation de Brassens transformant le « quand je pense à Fernande je bande » en « quand je pense à tes couilles je mouille ») avec Karine Daviet, du rythme, du jazz très classique, mais aussi une voix singulière dont on se dit qu’elle pourrait avoir un avenir (CMK). Et puis ce duo pour lequel je m’étais déplacé, Hidden People, à peine surgi de la nuit dans de discrètes tenues noires. Il y a là un vrai univers, fait d’incantations comme le dit une voix répercutée un peu partout quand on cherche ce qui a pu s’écrire sur ces deux musiciennes qui mêlent tant d’inspirations, de la chanson à l’improvisation, du classique au jazz… Les mots sont toujours compliqués à trouver avec la musique, mais dans cette soirée portée par l’énergie d’une certaine jeunesse il y a toujours une émotion particulière à sentir une création à l’œuvre mais encore fragile. Même si parfois l’on aimerait que ces deux-là se laissent aller à faire durer les morceaux, et donc le plaisir, surtout quand l’intensité monte comme sur Sweden par exemple : elle retombe d’un coup comme si elles aimaient aussi jouer avec notre frustration. Mais on ne sait jamais c’est vrai : le jour pourrait surgir de nouveau et les surprendre.

CQI 642/5.11.2018

Encore saisi furtivement des bribes d’un temps passé. Les vêtements d’enfant exhumés d’un carton pendant que s’animaient les images de leur courte existence. Pourtant leur vie a déjà été multiple, les différentes peaux recouvertes de ces habits ont parcouru les années et déjà pris non pas des rides mais quelques marques de vie. L’humidité de la cave a surgi comme un avertissement. Les tissus imprégnés pourtant l’oublieront vite, retrouvant une jeunesse à en devenir jaloux.